Christopher Nolan,  Réalisateurs

The Dark Knight

Introduction

Avec l’apparition des bandes dessinées de super-héros, des adaptations de ces histoires sont filmées sous forme de serial. L’exemple le plus connu peut être Batman (Lambert Hillyer, 1943). D’autres séries télévisées sont produites au cours des années. Cependant, c’est Superman (Richard Donner, 1978) qui renouvelle ce type d’ouvrages audiovisuels tout en étant un succès commercial. Pas tous ces films connaissent un énorme succès, mais d’autres, comme Batman de Tim Burton, le font.  Le film de super-héros connaît son vrai essor à partir des années 2000 avec les premières productions sur l’univers Marvel qui résultent être des énormes succès. Jusqu’à nos jours, nous sommes passés par la réalisation des X-Men (dont le deuxième est, à mon sens, le meilleur et aussi un chef-d’œuvre de ce genre), par la création du Marvel Cinematic Universe (MCU), par des titres plus originaux et osés comme Kick-Ass (Matthew Vaughn, 2010) ou, récemment, The Boys. Mais surtout, dans le cas qui nous concerne, nous avons eu de 2005 à 2012 la trilogie de The Dark Knight par Christopher Nolan.

Notre objectif est de chercher à comprendre The Dark Knight douze ans après sa sortie. Pour ce faire, nous allons travailler avec non seulement une analyse approfondie du scénario mais aussi de l’image. Des plans et des séquences seront traités tout au long du texte. Il est aussi possible (même probable) que nous parlons du son. Ceci nous aidera à pouvoir mieux définir le style de The Dark Knight, de son réalisateur (donc des brèves comparaisons avec d’autres films de Christopher Nolan peuvent être faites) et de l’idée de cinéma que le film porte.

Passons davantage à notre première partie : l’analyse superficielle de The Dark Knight.


Analyse du film

Nous allons à présent mettre en place tout élément à tenir en compte du film pour pouvoir partir dans les détails plus tard.

Batman Begins

Tim Burton créé deux long-métrages dans les années 1960-1970 : Batman, film recommandé à tout fan de ce super-héros ; et Batman Returns, superbe film qui a lieu à Noël et duquel je suis particulièrement amoureux. Malheureusement, les films de Batman échouent prochainement avec Batman Forever et Batman & Robin, les deux étant réalisés par Joel Schumacher (tristement décédé récemment). En 2005, Batman Begins replace Batman dans le cinéma avec un énorme succès commercial. The Dark Knight est la suite de Batman Begins, film qui débute la trilogie de Christopher Nolan.

Dans Batman Begins, nous connaissons les origines et les sources de Bruce Wayne, certaines directement prises des histoires originales, telles que la mort de ses parents, et d’autres inventées par lui-même et les co-écrivains, comme l’univers moderne et non-fantastique dans lequel l’action a lieu. Christopher Nolan choisit une société identique même à celle que nous vivons à présent pour créer son histoire.

Bruce Wayne devient Batman en tant qu’adulte une fois que, après tenter de tuer le meurtrier de ses parents, ce n’est pas avec des armes qu’il veut se battre pour la justice et pour le bien-être des autres. Cela ne veut certainement pas dire que Batman est une personne passive. Au contraire, Batman fonctionne à travers l’intimidation et la violence physique. C’est pourquoi Bruce Wayne s’entraîne fréquemment afin de maintenir un corps fort. Néanmoins, le héros suit une règle qu’il ne veut surtout pas briser : il ne tue pas. Avec Batman Begins, les bases pour The Dark Knight sont données : la relation entre Bruce et son amie de l’enfance, Rachel, de qui il tombe amoureux ; sa relation avec Alfred Pennyworth, son majordome ; et aussi la manière dont Batman apparaît à Gotham et y reste pour combattre le crime.

Dans ce cas, de quoi parle The Dark Knight ?

La synopse

À la fin de Batman Begins, James Gordon, Lieutenant de la police de Gotham (GCPD) montre une carte du Joker à Batman. La suite et le prochain vilain sont annoncés. Nous savons en avance quel personnage charismatique et célèbre s’affrontera à Batman dans The Dark Knight.

En gros, The Dark Knight parle de comment la société de Gotham se prend à Batman et de comment il lutte en faveur de la ville. Cependant, la haute corruption et la forte présence des mafieux seront la raison de l’apparition du Joker, un mystérieux criminel qui pousse Batman jusqu’au bout et qui se bat contre lui pour l’âme de la ville (nous allons parler de cette dernière idée plus en profondeur par la suite). Pour défendre la ville, Batman s’allie à James Gordon et Harvey Dent.

Voici les éléments les plus importants pour mieux comprendre la suite. Maintenant, nous allons commencer à parler de The Dark Knight comme un film qui appartient non seulement au genre de super-héros, mais aussi du thriller. Essayons de comprendre The Dark Knight comme un produit cinématographique.

The Dark Knight est, avant tout, un thriller

À vrai dire, je n’aime pas cataloguer ce film uniquement dans le sous-genre de super-héros. Il est vrai que les éléments qui caractérisent ce genre sont aussi présents dans The Dark Knight et dans toute la trilogie : l’apparition du héros, ses principes, sa position face à la société… The Dark Knight créé une atmosphère de mystère qui peut facilement rappeler à des films policiers comme Seven. D’ailleurs, nous ferons une comparaison entre les deux films que je trouve curieuse. En tout cas, en quoi est The Dark Knight un thriller ? Servons-nous tout d’abord de l’image pour aller dans cette direction.

Il y a deux éléments très importants au moment de parler de tout film :

Le format d’image (« aspect ratio »).

Dans le cas de The Dark Knight, il y a même deux formats : le format IMAX (1,43 :1) et le format 2,39 :1, souvent utilisé pour des projections sur des grands écrans. Le format IMAX occupe tout l’écran pendant que le format 2,39 :1 est celui que nous sommes plutôt habitués.

Maintenant, pourquoi utiliser deux formats différents ? Deux raisons me viennent en tête, et les deux sont relativement banales : peut-être que Christopher Nolan aime tout simplement filmer en IMAX et veut intégrer des scènes dans ce format (ce qu’il fait aussi dans Interstellar) ; ou encore, souvent, les scènes en 1,43 :1 sont les plus spectaculaires en termes audiovisuels.

La première image du métrage.

Dans ce cas, d’ailleurs, toute la première scène de The Dark Knight est filmée en IMAX. Nous allons l’analyser en profondeur à l’aide des captures d’écran que j’ai prises.

Pour Christopher Nolan, il est typique de nous donner ce type de plan : un de ses personnages (souvent principaux) qui se tiennent debout avec leurs dos tournés vers la caméra et au milieu de l’image. Tout en haut, nous avons le plan qui suit ceux que nous avons analysé dans le paragraphe précédent. En avançant quelques minutes dans le film, nous allons apprendre que l’homme de ce plan est en fait le Joker qui se tient face à la ville de Gotham. Dans le cas d’Inception (deuxième shot), Cobb est au milieu de la mansion dans son rêve ; dans Interstellar, Cooper est sur une planète inhospitalière ; et dans Dunkirk (dernier shot), le personnage se tient au milieu d’un champ et observe son avion brûler.

Cependant, je ne pense pas qu’il s’agit d’un montage parallèle (au sens technique du terme) parce que celui-ci ne suggère en théorie pas la possible union des deux points de vue. C’est-à-dire, les deux groupes de criminels ne devraient pas forcément se rencontrer si le montage était parallèle alors qu’ici, il est clair qu’ils travaillent ensemble et que la possibilité de se retrouver à un certain moment ou à plusieurs existe.

Dans le plan à gauche, il y a deux détails intéressants. Premièrement, c’est là que se trouve le premier dialogue du film. Nous allons parler beaucoup plus en détail des dialogues et du scénario en dehors des analyses de l’image. Et puis, l’action la plus mondaine (rouler la voiture) est couverte par la manière dont le personnage à l’arrière de la voiture mais à l’avant du plan charge son arme. Il s’assied derrière les autres deux criminels et il prépare son pistolet sans qu’ils le voient, ce qui n’a pas nécessairement une importance narrative mais plutôt symbolique. L’image peut nous servir à prévoir légèrement le caractère et la nature de ce personnage (le Joker) : il va « trahir », voire plutôt utiliser, ses camarades par la suite.

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