La narration

À mon sens, dans le cadre de nos analyses, l’image, le montage et le scénario sont les trois éléments les plus importants, ou en tout cas, ceux desquels nous allons parler le plus.

Sachez aussi que mes analyses seront forcément influencées par les ouvrages d’auteurs comme John Truby ou Robert McKee. Des fois, je prendrai des phrases qui leur appartiennent directement.

L’importance du récit

Qu’est-ce qu’est l’histoire ou le récit que nous voulons raconter ? Selon larousse.fr, le récit est « [le] développement oral ou écrit rapportant des faits vrais ou imaginaires ». Il va de soi dire qu’une majorité des histoires que nous rencontrons tous les jours dans les différentes d’arts sont fictives, et même lorsqu’elles tentent d’être réalistes, il peut être très difficile d’être complètement fidèle à la réalité même si on le veut, surtout dans le cas des autobiographies (cf. « b. Les types de film »).

En effet, il faut qu’une histoire soit racontée par un narrateur. Dans L’anatomie du scénario, John Truby définit ceci de la manière suivante :

« Un narrateur raconte à un auditeur ce que quelqu’un a fait pour obtenir ce qu’il souhaitait et pourquoi il l’a fait ».

Dans d’autres mots, deux autres éléments à part le récit lui-même sont importants : le narrateur et l’auditeur. L’auditeur est la personne qui écoute l’histoire. Dans le cas du cinéma, nous allons parler de spectateur.

Donc, le film peut être vu comme un message d’un aiditeur transmit à une audience. Ceci met en valeur surtout le texte, la narration, aux yeux de beaucoup. Mais ce n’est pas tout ce qui compte. La narration, fascinante comme elle peut l’être, n’est pas l’élément le plus crutial du film.

  • La manière dont on raconte l’histoire est tout aussi importante. C’est là où entrent en jeu l’image, le son, le montage et tout autre aspect du film. Comment est-ce que l’image transmet ceci ou cela ? Que veut faire ressentir et transmettre le montage ?
  • La narration n’est pas unique au cinéma. Si le but ultime de celui-ci était de narrer une histoire, tout court, est-ce qu’il n’existe pas d’autres moyens plus efficaces pour le faire ? Par exemple, la littérature. En théorie, dans un roman, l’écrivain a beaucoup plus de liberté qu’un scénariste : il n’a pas besoin de condenser ce qu’il écrit pour le montrer dans le moins de temps que possible, il ne doit pas suivre un langage visuel et sonore, il peut même travailler seul… Le scénariste et son ouvrage sont contraints par tout ceci.

Quelques notions de base

Comment un récit est-il raconté en cinéma ? Bien évidemment, c’est le film, à travers l’image, le son, la narration, son montage et autres, qui va nous transmettre un message. D’où le fait que nous traitons tous ces éléments dès l’introduction. Mais à la base, tout au début, le film n’est rien d’autre qu’une idée, un concept dans la tête d’un scénariste, et puis, il devient un scénario. Le scénario est un document qui comporte l’action (cf. « II. Prise de vue ») entière du film.

  • L’action est, si vous voulez, l’histoire du film. C’est tout ce qui se passe dans l’écran dès que le film débute jusqu’à ce qu’il finisse.
  • Le lieu est l’endroit dans lequel l’action a lieu. Une histoire peut avoir lieu dans différents endroits (pays, villes, …), mais une partie de l’histoire peut avoir lieu dans un endroit concret aussi.
  • Le temps, comme le nom l’indique, répond à la question « Quand ? ». C’est le moment dans le temps où l’histoire a lieu.

Toute histoire suit un mouvement. Le mouvement est la manière ou la forme dont l’histoire évolue. Les différentes, ou du moins, certaines de ces formes peuvent être :

  • Le mouvement linéaire : Imaginez une flèche droite. C’est exactement ce que le mouvement linéaire fait. Une majorité des films que nous consommons sont linéaires. En termes de narration, cela signifie qu’il existe un développement clair dans l’histoire qui va du point A au point B, que ce soit le développement d’un personnage principal et/ou d’une suite d’événements.
  • Le mouvement en zigzag : Contrairement au mouvement linéaire, une histoire en zigzag ne suit pas une direction claire. Exemples : Mulholland Drive (David Lynch, 2001) ; Solaris (Andrei Tarkovsky, 1972).
  • Le mouvement en spirale : C’est le mouvement qui s’enroule sur lui-même mais qui se dirige toujours vers un centre. Exemples : Memento (Christopher Nolan, 2000) ; Blow-Up (Michelangelo Antonioni, 1966).
  • Les ramifications : Il s’agit d’une ligne droite (comme le mouvement linéaire) qui est peu à peu ramifiée en différents tracés. Un bon exemple peut être Game of Thrones, quoique je n’en suis pas certain. L’action suit différents points de vue (donc différents personnages) mais elle explore aussi ces différentes ramifications puisque nous apprenons plus en détail des aspects différents sur une même culture ou de cultures différentes.
  • L’explosion : Les différents tracés se déroulent en même temps. Puisque nous ne pouvons pas raconter différentes actions en même temps mais nous devons le faire les unes après les autres, nous utilisons la technique du montage alterné (cf. « V. Le montage ») pour simuler une telle explosion.